lundi 31 octobre 2011

Saâd DAHLAB : Une Grande Personnalité Algérienne


Saad Dahlab est né en 1919 à Ksar Chellala dans la région de Tiaret. Il suit ses études dans sa ville natale avant de se rendre à Médéa puis à Blida et obtient son baccalauréat en 1940. Il travaille comme fonctionnaire au service des impôts puis engagé dans l’Ecole Militaire de Cherchell et obtient le grade de sergent.
Dans le journal Al Oumma, organe de l’Etoile Nord-Africaine, il rédige le premier article politique évoquant les souffrances du peuple algérien. Il adhère au Parti du Peuple Algérien (PPA) en 1944 et prend part en mars 1945 au congrès des Amis du Manifeste et de la Liberté. Le 18 avril de la même année, il est arrêté par les autorités françaises et ne le libèrent qu’en août 1946.
En 1947, il se présente aux élections comme représentant du parti à Ksar Chellala. Lors du congrès d’avril 1953, il est élu membre du comité central du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques.
Après le déclenchement de la Révolution, il est arrêté et emprisonné par les autorités coloniales françaises jusqu’à sa libération au printemps de 1955. Durant l’été 1955, il rejoint les rangs du Front de Libération National (FLN).
Il est chargé par Abane Ramdane et Youcef Benkhedda en mois de février 1956 de prendre contact avec les zones I et II où il rencontre Zighoud Youcef et rédige un rapport complet sur la première mission qu’on lui a confié les dirigeants du FLN. Cette mission lui coûte une arrestation aux alentours de Médéa et ne participe pas au Congrès de la Soummam car il n’est libéré qu’à l’automne 1956.
Il est désigné membre du Comité de Coordination et d’Exécution (CCE) chargé de l’information et de l’orientation. Après le transfert du commandement du CCE à l’extérieur, il part au Maroc avec Abane Ramdane en passant par la wilaya V.
Il devient l’adjoint de Ferhat Abbès et membre du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne où il occupe les postes de vice-ministre de l’information, secrétaire général puis ministre des affaires étrangères. Il participe également aux négociations d’Evian qui se sont soldées par l’indépendance de l’Algérie.


Mahmoudi, une plume, un combat.

Semaine du 18 au 24 Février 2009  

Il y a deux années nous quittait Abderrahmane Mahmoudi, après un courageux combat contre une longue maladie qui a finalement eu raison de sa volonté de rester parmi les siens et pour poursuivre ce qui l'a le plus distingué, son engagement sans faille et inébranlable au service de l'Algérie. Au lendemain de la pénible épreuve traversée par sa famille et les équipes des deux journaux qu'il a fondés, «Les Débats» et «Le Jour d'Algérie», de très nombreuses marques de solidarité, de soutien moral et d'évocation du parcours professionnel et militant du défunt sont parvenues, émanant d'amis du monde politique et de la corporation ainsi que de nombreux citoyens anonymes. Parmi ces témoignages, sans intention sélective, puisqu'ils colportaient tous, sans exception, la même charge émotionnelle, nous reproduisons ces articles qui retracent des regards mais aussi des tranches de l'itinéraire exceptionnel d'un homme exceptionnel.
Editorial
De la liberté et des roses
Le troisième millénaire est déjà bien entamé et l’humanité est encore en butte au problème de la femme. Pas de la même manière partout, ni avec la même intensité, selon qu’elle soit riche ou pauvre, mais la femme reste encore l’objet d’une ségrégation et d’une exploitation difficile à admettre lorsque nous savons que son ventre est la source de la vie, que son affection en est l’écorce protectrice et que sa douceur est ce qui la rend vivable.
Incroyable paradoxe qui fait de l’excroissance de la femme que nous sommes son tuteur et parfois son tyran. Terrible privilège de la force et de la brutalité sur l’intelligence et la disponibilité. Car pendant que la femme allaite les enfants, prépare à manger, lave le linge et rend propre la maison, sa cruelle moitié joue aux cartes, se saoule la gueule ou se prélasse comme un roi fainéant devant la télévision, par on ne sait quel privilège. La question que nous pouvons alors nous poser est de savoir pourquoi la femme accepte-t-elle des relations aussi injustes ? Pourquoi se soumet-elle aussi passivement à un diktat aussi inique ? La peur ? Rien de moins sûr ! Les dix ans de terrorisme que nous venons de vivre et les huit ans de guerre d’ indépendance ont suffisamment démontré qu’à bien des égards, les femmes savaient montrer plus de courage et de détermination que les hommes. L’exemple de Hassiba Ben Bouali et de Katia Bengana, pour ne citer que ces deux héroïnes de moins de vingt ans, est suffisant pour nous laisser voir une force et un engagement qui n’ont rien à envier à celui de leurs frères. Les dernières découvertes en matière de psychisme humain ont à ce propos établi avec la plus grande netteté que la femme est de loin beaucoup plus résistante nerveusement et plus forte en endurance physique que l’homme. Quant à l’intelligence, il serait tout simplement ridicule de vouloir encore revenir sur le sujet après que des femmes eurent effectué des séjours dans des stations orbitales et que d’autres soient sur le point d’être nommées général de l’ANP.
Pourquoi les femmes acceptent-elles donc leur statut de mineures dans les sociétés peu développées et celui de rivales indésirables dans les autres ? Car c’est bien d’acceptation qu’il s’agit et non de domination. Si les femmes le voulaient vraiment, cet ordre inique qui les maintient dans leur injuste condition volerait en éclats en quelques heures seulement. Le temps qu’elles décident de ne plus faire à manger, de ne plus s’occuper seules des enfants, de ne plus tenir la maison et de ne plus se prêter aux caprices sexuels de conjoints trop souvent ignorants des choses de l’amour. Si les femmes ont su s’opposer au colonialisme, parfois les armes à la main, si elles ont défié le terrorisme à visage découvert, rien ne les aurait empêchées de remettre en cause la suprématie de mâles immatures, violents et dans bien des cas inutiles. Elles ne l’ont pas fait, non pas par peur, mais par commisération, presque par pitié. Plutôt que de casser l’homme, ce qu’elles peuvent faire, à tout moment si elles en avaient vraiment envie, elles préfèrent l’aider à évoluer. Lentement, difficilement mais sûrement. Pays par pays, famille par famille, couche sociale par couche sociale, couple par couple, elles font avancer le mental de leur partenaire, le rendant libre pour se libérer elles-mêmes. Elles ne veulent pas de victoire sur l’homme, sinon elles l’auraient obtenue depuis longtemps. Ce qu’elles veulent c’est une victoire de l’espèce, une victoire de l’esprit sur la force, une victoire de l’amour sur la haine et de la tendresse sur la cruauté. La liberté pour laquelle elles luttent, en silence, elles la veulent d’abord pour l’homme car c’est ainsi que la leur sera parfaite. Pour cela, elles ont décidé de miser sur le long terme.
Entre-temps, chaque année qui passe voit la condition de la femme s’améliorer un peu plus dans chaque contrée du monde où l’homme se sent plus libre.
En Algérie, comme ailleurs, ce sont les hommes qui, à présent, se battent pour l’émancipation des femmes et lorsqu’ils ne le font pas par conviction, ils le font par calcul. Ce n’est pas pour rien qu’à chaque Saint-Valentin et tous les 8 Mars, il n’y a plus une seule rose sur le marché dès les premières heures du jour.
Par Abderrahmane Mahmoudi

Il a publié plusieurs ouvrages
Mahmoudi l'écrivain
La majorité connaît Abderrahmane Mahmoudi le journaliste. Le défunt était aussi rongé par la passion de l’écriture.
Il a en effet publié plusieurs ouvrages traitant de diverses questions auxquelles il accordait un intérêt évident. Doté d’un immense talent que lui reconnaissent ses pairs du monde des medias, Mahmoudi s’est ainsi essayé au roman, avec succès d’ailleurs. La première fois que «Dahmane», comme se plaisaient à l’appeler quelques familiers, a trempé sa plume pour exercer ses talents d’auteur c’était pour écrire «La face cachée du mensonge». A travers ce livre édité par la Maison d’édition SEC, Mahmoudi passe en revue les modalités de fonctionnement du secteur de l’information du temps du parti unique et évoque le combat sans relâche des journalistes algériens pour consacrer le sacro-saint principe de la liberté d’expression. Achevé au mois de mars de l’année 1991, cet ouvrage de 184 pages intervient dans un contexte marqué par l’ouverture démocratique que connaît l’Algérie et son corollaire, à savoir la levée du monopole des pouvoirs publics sur les medias et par conséquent la création de plusieurs titres de la presse dite indépendante. Un vent de liberté souffle alors fortement sur l’Algérie libérée, suite à l’épisode douloureux des événements d’octobre 1988, des pesanteurs étouffantes du monolithisme politique. L’auteur écrit que «ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays n’a rien d’extraordinaire ou d’inhabituel, puisque dans la quasi-totalité des pays qui émergent du long sommeil du parti unique, la question de l’information reste le pivot de toutes les luttes et constitue l’axe d’effort principal dans la voie de la démocratisation du pays». L’auteur retrace les différentes phases par lesquelles est passé le combat des journalistes, à travers le MJA (Mouvement des journalistes algériens), pour se défaire de l’emprise de l’appareil du parti unique et fait cas, à la lumière de quelques exemples, des tentatives de récupération de ce mouvement par d’autres centres du pouvoir. En cette période charnière du pays marquée par la naissance de plusieurs titres de la presse nationale de différents bords politiques sur fond d’après luttes politiques, Mahmoudi termine son livre avec cette conclusion lourde de signification : «Le moins que l’on puisse dire à l’issue de cette modeste recherche est que si la presse algérienne a bien changé depuis octobre 1988, cela n’a pas été nécessairement dans le bon sens». L’auteur, il est vrai, fait ainsi montre de sa frustration, lui qui considère que «… le multipartisme qui est le pendant de la démocratie politique ne saurait avoir d’existence réelle que grâce à un système d’information suffisamment diversifié et qui reflète avec plus ou moins d’exactitude la vie politique
multipartisane». Homme aux grandes convictions, l’auteur a toujours affiché au grand jour ses certitudes, sans complaisance aucune. Il en est ainsi de son combat contre le terrorisme qui lui valut d’ailleurs d’être la cible d’un attentat qui a visé le siège du journal L’Hebdo Libéré qu’il dirigeait dans la première moitié des années quatre-vingt-dix. Mahmoudi, qui n’était pas au siège du journal a ainsi pu échapper à cette attaque terroriste. Dans son livre «Les financiers de la mort» qui traitait justement du phénomène du terrorisme, édité à compte d’auteur, Mahmoudi relève que le terrorisme dispose de puissants soutiens et de ramifications à tous les niveaux et que, partout ailleurs dans le monde, le terrorisme est une question d’abord de colossaux intérêts économiques. En Algérie, l’auteur donne l’exemple de plusieurs secteurs d’activités économiques qui sont à la croisée de ces luttes d’intérêt et ce, par terrorisme interposé. Mahmoudi écrit en effet : «D’autres causes, d’autres acteurs se profilent en ombres chinoises derrière les illuminés … ». Mais cela ne veut point dire que le terrorisme islamiste est absout de ses crimes, loin s’en faut. L’auteur place seulement cette problématique dans son contexte le plus large à l’échelle mondiale où prédomine une course effrénée pour le leadership. Le défunt, preuve d’un talent incommensurable, s’est aussi essayé au roman. Avec succès d’ailleurs. Intitulé «Sous les cendres d’octobre», cette œuvre a été très bien accueillie par la critique à sa sortie en 1998. En tout cas, à travers sa disparition le monde de la presse perd un de ses plus talentueux représentants qui a toujours eu le mérite de dire tout haut ses convictions.
B. Zoheir

Je me rappelle…
J’apprends, avec une grande peine, ce dix-sept février la disparition de Abderrahmane Mahmoudi.
Or une idée trottait dans ma tête depuis des semaines. Je ne sais quel en a été le déclic. Je voulais lui écrire, m’entretenir avec lui, voire envisager une éventuelle collaboration (si dérisoire en ces tristes circonstances) au «Jour d’Algérie». Je lisais assez régulièrement son journal grâce à Internet. J’étais aussi un lecteur assidu de l’hebdomadaire «Les Débats». Comme par le passé, au pays, c’est avec non moins d’intérêt que je recherchais, dans l’éloignement, à entendre un son de cloche différent, voire un point de vue paradoxal avec le reste des publications – lesquelles offraient, au demeurant, une lecture incisive de l’actualité nationale en dépit des entraves imposées et des prismes assumés.
Avec Abderrahmane Mahmoudi, «l’imprévisible» comme le dépeint avec à propos Abderrazek Merad (El Watan du 17/02/07). En effet, on pouvait s’attendre avec lui à des lectures détonantes de la réalité algérienne, de ses contradictions, ses luttes d’appareils et de pouvoir. C’est avec une fringale sans pareille qu’il décryptait les flous artistiques de ce Machin mystérieux qu’il nommait «la Centrifugeuse». Parfois, on avait l’impression que ses décodages dépassaient la fiction.
Je ne savais pas qu’il était malade, atteint depuis 2 ans par une «longue maladie». Et j’avais raté l’éditorial où il rendait public le combat supplémentaire qu’il livrait à l’inexorable. Je crois l’avoir vu et discuté pour la dernière fois en 2002, à la faveur d’un Salon du Livre d’Alger. J’avais pris des photos avec lui et d’autres anciens compagnons. Le regretté Belbey disparu dans un tragique accident d’avion d’Air Algérie.... Saddek Aïssat qui présentait au Salon son dernier roman.... Ravi brutalement à la vie et à sa famille. Au même âge auquel nous quitte Abderrahmane Mahmoudi. C’est de loin, d’une rive lointaine d’Alger, en cliquant ce matin (comme à mon habitude) sur le premier journal algérien sur le web, que j’apprends la disparition de Abderrahmane Mahmoudi.
Dans le courrier électronique que je lui adressais mentalement :
Je me rappelle qu’il devait commencer par la phrase suivante : «Abderrahmane, si ma mémoire est bonne, ton premier article dans un journal public date du 19 septembre 1975, et il avait pour titre :
«Emigration : une question de sous» (M. Valéry Giscard d’Estaing proposait 1 million -
10 000 francs français - pour inciter au départ volontaire les immigrants...). En cette époque (de plus en plus lointaine et brumeuse), il s’était proposé d’écrire un article en «internationale» pour la publication balbutiante. Le jour de la remise, je soupçonnais un instant que l’article (ce n’était pas le seul...) n’était pas achevé. Il me rassura, alla dans un coin dans la petite pièce qui tenait lieu de salle de rédaction. Au bout d’à peine 15 minutes, il revint avec son article fin prêt. Ce n’était pas la première fois, ni la dernière : Abderrahmane avait une capacité inouïe à rédiger sur le vif un article, une idée, un mot d’ordre. Il mûrissait jusqu’au dernier moment son article quitte à passer pour un improvisateur. Un improvisateur rare et de haut vol. Dans les nécrologies que certains de ses confrères lui ont consacrées – ceux que j’ai pu lire, ils retracent sa longue carrière journalistique, les titres où il s’est distingué et ceux qu’il a créés dans l’urgence et l’adversité. Je tenais, afin de compléter le tableau, à ajouter l’un de ses premiers jalons de son itinéraire éditorial. A «L’Unité» car tel est le titre de cette publication singulière, sinon insolite, du moins entre 1975 et 1980 (avant son embaumement progressif par la pensée unique dominante dans les années 1980), il alimenta avec vigueur la rubrique internationale. Faut-il préciser qu’en ces temps, elle était vouée au credo anti-impérialiste (au risque de verser dans l’incantation). Il avait, auparavant, taquiné le journalisme dans une publication ronéotypée publiée à la Faculté de droit à Ben Aknoun, «CTZ». Autres temps, autres mœurs, disent les sages. Dans cette attitude, en tout cas, il n’ y avait aucune once de calcul ni de pose politicienne. Certains peuvent dire, à l’instar du film italien «Nous nous sommes tant aimés» : nous voulions changer le monde et le monde nous a changés. Le libéralisme effréné – et les détournements d’utopie – ont fait le lit de tant de repentances... Abderrahmane Mahmoudi, sans complaisance post-mortem, a, me semble-t-il, fait partie de cette constellation de compagnons des années soixante-dix qui se sont astreints à garder incandescent le franc-parler et l’écriture iconoclaste de leur jeunesse dans une approche parfois surprenante du réel et de ses contingences, surtout aux heures noires de l’intégrisme mortifère et des stratagèmes d’appareils. A contre-courant de grilles les mieux établies. Quitte à surprendre amis et troubler compagnons de route. Les mots ont leur amertume et les plumes leur désenchantement. Surtout dans un pays où l’histoire vaut son pesant de poudre et de sang... Il avait à la fois la passion de l’idée et de l’action. Il pouvait se tromper mais il a toujours payé au prix fort ses convictions (la prison, la perte d’un frère, les interdits professionnels, des traversées du désert, l’isolement...) Je l’ai perdu de vue – professionnellement, géographiquement, pour ainsi dire, très tôt. Mais je n’ai jamais cessé de le lire et ses écrits n’ont jamais cessé de m’interpeller. Abderrahmane Mahmoudi n’a jamais laissé indifférent combien même l’on n’arrivait pas à saisir la complexité, voire les méandres de ses démonstrations. Elles pouvaient être rugueuses, intraitables jamais paresseuses. Et derrière la façade des conduites et la distance de la posture, il habitait en profondeur la bonté. Avec une élégance quasi-british qu’éclairait un sourire en coin... Ahmed Ben Allem rappelle dans «L’Expression», que Abderrahmane qui ne semblait pas tenir en estime outre mesure la poésie, en écrivait discrètement dans sa jeunesse... Abderrahmane Mahmoudi était originaire des austères Hauts Plateaux. Plus précisément de Ksar Chellala, connue également sous le nom de Reibel. La prononciation populaire de Rebelle qui lui sied. En premier lieu dans sa profession. En juin passé, j’avais acheté «Le Jour d’Algérie». J’ai lu et découpé l’un de ces derniers éditoriaux, il avait pour titre «Khalifa et la presse»... Je l’ai toujours. Paix à son âme et hommage à son parcours. Et toute ma sympathie solidaire à son épouse et ses enfants en cette douloureuse épreuve !
«Je leur avais parlé
J’avais senti leurs mains
Ils avaient des enfants et même des défauts
Comme ils savaient sourire alors qu’il faisait nuit
Je les retrouve en achetant
Un journal
Ils étaient mes amis ils n’étaient pas des mots
Des chiffres ou des noms
Ils étaient mille jours et dix ans de moi-même
Le repas qu’on partage
La cigarette de l’ennui
(...)
Et ils sont devenus une âme et ma patrie
... Et je m’excuse
D’être vivant
Je suis plus orphelin qu’une nuit sans lune».
Ainsi écrivait le poète Malek Haddad dans «Ils vont dans la légende».
Abdelmadjid Kaouah
Cugnaux, le 17 février 2007

L’étoffe d’un héros
Mahmoudi s’envole, ses écrits restent. De n’avoir connu de loisir et de pratique sociale que le stylo et la page blanche d’abord, le clavier et le micro ensuite.
Il était habité par l’écriture jusqu’aux tréfonds de sa pulsion communicative. Dans l’agonie, il a écrit, dans l’opulence, il a écrit, dans la dèche, il a écrit, en temps de paix, il a écrit, et sous le terrorisme, il a écrit. Il était imprégné et imbibé jusqu’à la moelle de la plume, du journalisme militant et de combat. Il était moins animateur de rédaction que chef de troupe et s’il fallait se convaincre de sa trempe de héros, il n’est que de se souvenir du jour où, à «L’Hebdo libéré», après être descendu pour constater le carnage terroriste qui a emporté deux de nos collègues et son propre jeune frère, il est remonté au siège du Golfe et ses premières paroles furent : «Ecoute, j’aurai trois heures de retard pour l’édito» (on était lundi, jour de bouclage).
Quelques mois plus tard, au confrère qui avouait qu’il avait eu une peur bleue pour avoir marché cinquante mètres au centre-ville en compagnie de Mahmoudi, l’auteur de ces lignes a eu cette évidente remarque : «Et lui alors, qui est toujours en sa propre compagnie…». Son courage physique et intellectuel lui a valu bien sûr beaucoup d’ennemis, et il s’arrangeait toujours pour en avoir le plus dans son propre camp. Ce serait trahir et la vérité et sa propre mémoire que d’occulter son côté changeant, versatile diraient d’autres et il était évident qu’il était assez rusé pour justifier ses très nombreux retournements de principes par l’évolution inscrite dans la dialectique. Mahmoudi était passé sans escale de la fervente défense des idéaux marxistes léninistes, à la portée aux nues du libéralisme économique, mais selon lui en restant fidèle à l’enseignement premier du matérialisme dialectique et historique. Sur cette base, il a assumé le changement continu et l’unité des contraires, en poussant l’imprégnation de ces principes jusqu’à assumer, d’une semaine à l’autre, l’expression d’une chose et son contraire. D’ailleurs, s’il avait suivi un cursus politique et médiatique linéaire, il n’aurait pas été Mahmoudi, tout simplement. Ses pires ennemis, cependant, lui reconnaissent d’exceptionnelles qualités professionnelles, édifiées sur un seul socle, celui de l’ardeur au travail. Il se permettait rarement des reproches sur le niveau des jeunes confrères et consœurs, notamment sur la sempiternelle question du niveau, mais il s’étonnait et regrettait à juste titre qu’on puisse se déclarer journaliste sans être un lecteur assidu de livres, quel qu’en soit le registre, au demeurant.
D’une irréprochable probité morale aux temps des années 1980, où des journalistes bénéficiaient de privilèges contre des articles complaisants, il avait résumé devant nous ce comportement, en désignant un collègue, par cette féroce formule : «Si on l’envoie pour un reportage sur les handicapés, il est capable d’acquérir une chaise roulante». Des formules fulgurantes, il en produisait à chaque détour d’article, ne ménageant ni adversaires ni alliés, usant avec brio du talent de polémiste, mais il faudrait des collections entières de journaux pour les citer toutes. On en gardera, pour la postérité juste deux parmi des milliers, mais verbales, celle où il décrivait certains décideurs comme ayant «une calculatrice à la place du cœur» ou encore le jour où un confrère nous annonçait, tout fier, qu’il était passé chef de rubrique, alors qu’il n’avait que trois mois d’«expérience», Dahmane a eu cette cinglante répartie : «Mabrouk… mais tu n’as pas honte ?».
Mais ses qualités professionnelles, même si selon ses propres termes et avec humilité, il se réclamait plus «du tract que de la rédaction journalistique», il savait les injecter avec un naturel qui dissimulait l’ardu effort de réflexion, dans une facilité d’écriture et de synthèse tout simplement admirables. Jusqu’à ces dernières années, on pouvait avoir avec lui des discussions passionnées sur les plus récentes techniques rédactionnelles, pour la simple raison qu’à l’instar de tous les grands, il estimait à raison qu’en journalisme plus qu’ailleurs, on n’a jamais fini son apprentissage.
Durant son itinéraire, ni les 17 jours de prison au début des années 1990, pour la série de «l’Hebdo» sur les magistrats faussaires, ni le terrible massacre au même journal auquel il avait échappé de justesse, ni les menaces venant de toutes parts, ni les pressions, ni les appâts en tous genres, n’étaient venus à bout de sa pulsion irrépressible vers l’expression médiatique. Rien de tout cela, sauf le doute. Envahi au milieu de l’été 1995 par le flou et la perte de repères, il a préféré, contraint et forcé par sa seule raison, d’arrêter ; et ce fut une longue traversée du désert qui aura duré sept ans, avant un retour en catimini d’abord, sur les chapeaux de roues ensuite, avec «Les Débats», puis «Le Jour». Toujours sur un rythme par lequel il écrivait plus vite que son ombre, il produisait des éditos, des analyses, des «études», des reportages, des couvertures, quelques entretiens, un billet quotidien et ce, sans jamais se plaindre ou montrer le moindre signe de fatigue ou de lassitude. Jusqu’au jour où… Jusqu’au jour où le mot «fin» a été écrit, mais pour une fois l’auteur n’était pas Mahmoudi, mais le destin…
Nadjib Stambouli

Aïch etchouf
Maradine oudal
Si les règles qui s’appliquent à la transparence dans les relations publiques entre les hommes et les femmes avec leur environnement, ont été plus ou moins bien cernées et mises en œuvre dans notre pays, notamment à l’occasion de la maladie du Président, il reste que nous pouvons ici et là tomber dans ce qui peut se rapprocher de la surenchère, si nous constations l’étonnant corporatisme vers lequel peut parfois pencher la presse, qui, prompte à faire ses choux gras de la santé de nos dirigeants, n’a pas toujours le bon réflexe lorsqu’il s’agit d’elle. Et c’est contre cet enfermement quasi narcissique, qu’un directeur de publication qui se bat contre un cancer particulièrement malin et destructeur, devrait, comme je le fais ici, ne pas hésiter à en informer ses lecteurs, ne pas hésiter ne serait-ce que pour justifier des absences prolongées hors du territoire national avec tous les inconvénients qui peuvent s’ensuivre pour tous. J’en profite aussi pour remercier tous les confrères, proches et moins proches, hommes et femmes politiques qui, comme de véritables membres de la famille, nous apportent un soutien affectif et moral sans faille dans une épreuve aussi douloureuse. A tous, un grand merci et continuez de nous lire tant que la faucheuse n’aura pas dit encore son dernier mot, que le maradine oudal ne nous aura pas emporté. Nous continuerons, pour notre part, à rester fidèles à notre métier et à nos lecteurs jusqu’au bout.
Cheikh Ezemli
(Billet paru le 27 décembre 2006)

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E-mail :contact@lesdebats.com

MERBAH Mohamed Lamine : Un fils de Ksar-Chellala


Par : cinefrancealgerie.e-monsite.com

Né le 28 juillet 1946 à Tighenif en Algérie, Etudes primaires à Ksar Chellala (w. Tiaret), secondaire au lycée Bencheneb de Médéa (interne). Institut du cinéma d’Alger (1964-1967). Il étudia aux côtés de Merzak ALLOUACHE, Sid Ali MAZIF et Farouk BELOUFA, à I'INC (Institut National du Cinéma d'Alger) à Ben Aknoun).
stages à Varsovie (1968). Licence de sociologie à l’université d’Alger (1970-1973) : Il avait auparavant travaillé comme stagiaire à la télévision polonaise et avait étudié la sociologie à l'Université d'Alger. A partir de 1970, il travailla à la fois comme monteur à la SNED (Société Nationale d'Edition et de Diffusion) et comme réalisateur à la RTA (Radio-Télévision Algérienne). Directeur général de l’ENPA (1988-1995). Lamine Merbah, à cause d’une méchante maladie, a dû garder le lit durant de longues années (1995-2001). En 2002, il reprend la caméra pour réaliser un feuilleton (Le Miroir brisé).

- Courts métrages pour la RTA:
1968 - De l'eau pour tous (cmd)
- Logement et habitat (cmd)
- Victimes de la guerre (cmd)
- Les aveugles (cmd)
- Longs-métrages
1969 - Al-mountassar
1971 - La mission
1971 - Yadès
1972 - Les spoliateurs ( c'est un film qui a été  tourné à Ksar-Chellala)
1973 - Les médailles
1974 - Châabia 73
1975 - Les Révoltés
1976 - Les Déracinés
Algérie (1976) couleur, 35 mm, 90’
Réalisation Mohamed Lamine Merbah
Scénario Sari Djillali
Image Mahmoud Lakehel
Son Kamel Mekesseur
Montage Rachid Benallal
Musique Ahmed Malek
Production O.N.C.I.C. (Algérie)
Interprètes Hassan El Hassani, Keltoum, Omar Zebdi, Sissani, Othmane Ariouet
En 1880, dans les montagnes de l’Ouarsenis, des paysans algériens sont dépossédés de leurs terres au profit des colons. Ils sont simplement expropriés par l’utilisation quasi directe de la force, ou dépossédés de leurs terres d’une manière plus subtile parce que contraints à payer de fortes amendes, donc acculés à vendre leur terre. Les paysans partent alors vers les villes et viennent grossir la masse des prolétaires vivant dans les bidonvilles…
1983 - La Conversation
1985 - Du Fond du cœur
En 1987, MERBAH travaille de nouveau pour la télévision algérienne, et dans les années 90, il fut nommé directeur de I'ENPA (Entreprise Nationale de Productions Audiovisuelles), pour laquelle il réalisa un long métrage, en couleur et en super-16 mm, intitulé Radhia (1992)
1992 - Radhia
Le film évoque une famille déracinée et désunie dans l'Algérie contemporaine.
En 2004, en collaboration avec l’ENTV, il tourne Regard d’enfant dont les principales séquences se déroulent à Douaouda.
- Le Miroir brisé
Le Miroir brisé, feuilleton de 13 épisodes aborde le quotidien de trois familles algériennes appartenant à des couches sociales différentes. Les divisions, les espoirs et les désillusions se concrétisent à travers des conflits. Un gouffre se creuse alors, de plus en plus, non seulement entre les familles mais aussi entre les membres d’une même famille.

SAFI BOUDISSA : Un Grand Militant



10 – 13 septembre 2005
Week-end à Alger
Par Jean-Claude Flamant / Directeur de la mission Agrobiosciences
J’ai la surprise de revoir, parmi le public venu pour soutenir Tahar, le personnage dont
je me souvenais en me remémorant mes voyages antérieurs sans parvenir à retrouver son nom,
ni le lieu précis de notre rencontre en dehors des images dans ma tête. Accolades. En grande
djellaba blanche, il s’agit de Safi Boudissa, ancien Ministre du travail, me
précise ensuite le Président du jury Slimane Bedrani, dans le premier gouvernement de Ben
Bella) et son village refuge s’appelle Ksar Chellala sur les hautes plaines de Tiaret et de Saïda
où je suis allé lui rendre visite en 1986. Tahar me remet la mémoire en ordre. Nous discutons
sur un banc, sous les palmiers, devant la salle du Conseil. Hadj Boudissa a eu un parcours
curieux et, à 77 ans, il reste un personnage original et encore plein de projets. Mais pourquoi
n’a-t-il pas réussi à concrétiser toutes ses idées, malgré ses relations et le large réseau de
connaissances qu’il a maintenu au niveau international ? Il m’explique qu’il faudrait
développer l’élevage des brebis laitières pour produire du beurre de brebis, dont le prix atteint
aujourd’hui des sommets inégalés, et qui constitue un ingrédient recherché pour la cuisine
algérienne. C’est ce qu’il m’avait exposé il y a presque vingt ans en sollicitant mon aide.
Alors rien n’a vraiment bougé ? Mais pouvait-on vraiment entreprendre quelque chose de
solide au cours de ces terribles années qui viennent de s’écouler ?
Réconciliation… Au cours des années 50, Hadj Safi Boudissa m’explique qu’il avait
travaillé dans une usine de la région parisienne, dans l’Oise. Quoique musulman pratiquant, il
avait des relations étroites avec les Jésuites. Il s’occupait même avec eux d’éducation
d’enfants et de jeunes en difficulté. La nuit, il est du FLN, le jour il amène à la messe des enfants d’Européens « en rupture sociale », me dit-il. Il voudrait, encore aujourd’hui, participer à des groupes de réflexion sur le rapprochement entre l’Eglise catholique et l’Islam, parce que, pour lui « l’esprit religieux est essentiel pour nos sociétés ».
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Forum Social des Quartiers Populaire (par Abdelaziz Chaambi)
A la même époque, les militants du PPA-MTLD s’attachaient, eux aussi, à
Préserver l’identité islamique des travailleurs immigrés. Ainsi, l’ouverture de lieux de culte
Dans les usines faisait partie des plateformes de revendications des nationalistes syndicalistes
Du PPA-MTLD, comme SAFI BOUDISSA qui obtint une salle prière aux usines Peugeot de
Sochaux en 1948.
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Au fil des jours… une vie…  ( par x boufarik)

SAFI BOUDISSA, ancien permanent du MTLD, se retrouvera lui aussi momentanément isolé. Son expérience, en matière politique m’impressionna beaucoup .Il fut l’objet d’une grande admiration de ma part... A mes yeux, l’efficacité de la lutte primait sur le reste...Ce qui n’était pas évident partout ailleurs...C’est ainsi qu’un jour, je pris ce frère à part et lui demandais que désormais, il deviendrait mon responsable... Il me fit alors une tape amicale puis, après m’avoir répondu qu’il appréciait mon geste à sa juste valeur, il m’annonça qu’il avait repris contact « en haut lieu »... Cette période coïncidait avec la consolidation du FLN par la création de la fédération de France et la restructuration de l’organisation. SAFI BOUDISSA deviendra ministre du travail dans le gouvernement de Ben Bella.
Le congrès de l’Union Générale des Travailleurs Algériens
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Le Congrès de Union Générale des Travailleurs Algériens
Alger, 17 – 20 janvier 1963
Là, les choses ont commencé beaucoup plus tard. Tandis que Boufarik subissait la crise de cet été et poursuivait son travail d'organisation, les responsables de Blida y prenaient activement parti. Aussi ce n'est que le 29 novembre qu'y fut créée la coopérative Aissat Idir. Elle est dirigée par SAFI BOUDISSA, ancien militant syndicaliste en France, puis officier de l'ALN en Tunisie, qui a composé une équipe très dynamique et entièrement dévouée à son chef, En moins d'un mois, la coopérative contrôlait une part très importante de l'économie de Blida et de la région, Fermes, commerces, ateliers, étaient organisés en comités de gestion élus. Mais il y a plusieurs exemples de membres de ces comités qui étaient inconnus de leurs électeurs et qui avaient été "parachutés" par la coopérative. Dans les fermes importantes, les membres du comité effectuaient au mieux un travail de contremaître.
Ici, comme à Boufarik, la récolte avait été commercialisée par la sous-préfecture. C'est la sous-préfecture qui payait les ouvriers, Mais tandis qu'elle donnait 732 AF à ceux de Boufarik, à ceux de Blida elle payait près de 900 AF et parlait d'augmentation. Ses rapports avec la coopérative étaient des meilleurs, surtout après le passage à Blida de Ben Bella à la mi-décembre, C'est même plus la sous-préfecture qui obéissait à la coopérative que le contraire,
En fait, toute la vie économique, politique, et administrative de Blida est dirigée par SAFI BOUDISSA et son équipe. Il a fait venir un syndicaliste, Slimane, ancien membre benbelliste de la Fédération de France, qui n'avait jamais mis les pieds à Blida auparavant, pour prendre la responsabilité de l'UGTA.
Les syndicalistes algériens :
Leur combat de l’éveil à la libération (Par Boualem Bourouiba)
C’est ainsi que le 12 octobre 1958, notre premier Ministre des Affaires Sociales réunissait les cadres syndicales afin de les encourager à mettre en place la Direction de l’U.G.T.A. en exil.
Du 12 au 15 octobre 1958, tous les problèmes concernat l’activité passée, la structure, la formation d’une équipe, la définition d’objectifs précis à moyen et long terme étaient à l’ordre du jour d’une réunion qui préside Benyoucef Benkhada. Une Commission Exécutive de 12 membres et Secrétariat de cinq membres furent élus : par ordre alphabétique : - -BOUDISSA Safi - -DAMERDI Djilali - -DEKKAR Rahmou - -DJILANI Embarek - -MAACHOU Abdelkader « Sur les cinq membres de la Délégation extérieure, toirs d’entre eux, Rahmoun Dekkar, Boudissa Safi et Damerdji Djillali possédaient une solide formation syndicale acquise, le premier, à Alger dans les rangs des P.T.T., les suivants en France dans les la métallurgie. Les deux autres, enseignants, militants PPA/MTLD acquièrent en Algérie, dans le feu de l’action, les bases d’une solide formation syndicale.

EL Hadj Safi BOUDISSA « Biographie »

Responsable M.T.LD. / S.M.A. de Blida (1949), Membre commission exécutive U.G.T.A. (1958), Ministre du travail (1964).
Né le 22 août 1929 à Geryville dans l’oranie, Safi BOUDISSA est le fils d’un capitaine en retraite de l’armé française. Il est pendant la seconde guerre mondiale, secrétaire-interprète de la R.A.F. à la base aérienne de Blida en 1944-1945. Il adhère au M.T.L.D., émigre en France en 1948 et exerce la profession d’ouvrier aux usines Peugeot comme rectificateur sur machines-outils. Il est l’un des principaux organisateurs du M.T.L.D. à Montbéliard. De retour à Blida en 1949, il assume la fonction de commissaire de groupe aux Scouts Musulmans Algériens et subit trois condamnations en 1951-1952 pour « activités anti-françaises ».
Au moment de la crise du M.T.L.D., il va rendre visite à Messali, en résidence forcée à Niort et s’entretient plusieurs heures avec lui, le 18 février 1954. Dans un « Appel à la raison », il appelle les militants à adopter une attitude de « neutralité positive ». Il prend position pour le F.L.N. dès sa création, et devient secrétaire de l’A.G.T.A. constitué le 21 février 1957, puis membre de la commission exécutive de l’U.G.T.A. désignée lors d’une réunion tenue à Tunis le 12 octobre 1958. Il devient le 02 décembre 1964 Ministre du Travail.

HOMMAGE À MESSALI HADJ : Pour une réconciliation de l’Algérie avec son histoire

article paru dans Liberté, 2 juin 2010
Par : M. Agouni (*)

Il y a trente-six ans que le héros et père du nationalisme algérien, Messali Hadj, s’est éteint. Leader spirituel de la Révolution et au service de l’Algérie, il était omniprésent et a osé tenir tête avec courage et bravoure au colonialisme français en réclamant haut et fort l’indépendance des trois pays d’Afrique du Nord, “Algérie Tunisie Maroc”, en 1927, au congrès anti-impérialisme à Bruxelles, tout en dénonçant devant l’opinion internationale les méfaits, les massacres, les tortures, l’injustice et la domination féroce pratiquée par le colonialisme contre les peuples d’Afrique du Nord colonisés.
Messali Hadj, homme de foi et plein de dignité, des causes justes, qui incarnait le combat de l’Algérie, a été rappelé par le Bon Dieu Tout-Puissant le 3 juin 1974. “Que Dieu lui réserve une place dans Son Vaste Paradis.”
En ce moment, nous entendons beaucoup de voix de hautes personnalités s’élever pour réclamer l’écriture de la véritable histoire de la Révolution algérienne. Parmi elles, il y a le président de la République Abdelaziz Bouteflika qui l’a rappelé à maintes reprises et l’ancien président et colonel de la Wilaya II, Ali Kafi, qui ont demandé aux historiens d’écrire l’histoire.
Le Dr Chawki Mostefaï, ancien cadre du PPA et membre de l’exécutif provisoire au Rocher noir en 1962, que je salue respectueusement, déclara dans le journal El Watan du 13/05/2010 : “L’histoire me sera indulgente car j’ai l’intention de l’écrire, et que c’est suite aux manifestations du 1er et 8 mai 1945 du PPA et les massacres de plus de 45 000 Algériens par le colonialisme à Sétif, Guelma et Kherrata que la Révolution du 1er Novembre 1954 est arrivée. Le Dr Chawki Mostefaï a dit que c’est le congrès du PPA à Zédine qui a donné naissance à l’Organisation spéciale (OS) qui a engendré le 1er Novembre 1954. Le Dr Chawki a pensé aussi à l’unité nationale, il est allé voir l’UDMA et les Oulémas pour l’union qui lui ont posé comme conditions la mise à l’écart du PPA et la dénonciation de toute violence. Le Dr Mostefaï Chawki dit que Messali a mal interprété cette proposition, la considérant comme une manœuvre d’étouffement, ce qui lui a fait dire dans une intervention d’une extrême violence : “le Parti (PPA) c’est nous, l’Algérie, c’est nous.”
Encore une fois, Messali Hadj, objectif et résolu, a déjoué un complot et rejeté avec force les propositions de l’UDMA et des Oulémas et a défendu avec courage et dignité la ligne révolutionnaire du PPA, en réclamant l’indépendance totale de l’Algérie. Le 11 mars 1937, Messali Hadj a créé le PPA après la dissolution de l’ENA et, en compagnie de Filali Abdellah, déposa les statuts du parti à la préfecture de Paris. En revenant, il y avait plusieurs militants de l’ENA qui l’attendaient dans un café à Aubervilliers. Messali Hadj s’adressa à la foule en leur disant : “Mes chers frères, aujourd’hui, un enfant, qu’on a appelé le PPA, vient de naître. Cet enfant, nous le mettons entre les mains de Dieu et du peuple algérien pour qu’il grandisse, lutte et arrache l’indépendance de l’Algérie. Que Dieu le protège.”
Le 2 août 1936, au stade municipal d’Alger, Messali Hadj déjoua le projet de Violette Blum et celui du Congrès musulman qui prônait le rattachement de l’Algérie à la France.
En prenant la fameuse poignée de terre et en criant très fort à la foule (plus de 20 000 personnes venant de diverses régions d’ Algérie) que cette terre n’est ni à vendre ni à hypothéquer, elle a ses héritiers, et l’ENA, elle est là pour la défendre, en réclamant tout haut l’indépendance totale de l’Algérie, et le drapeau algérien vert et blanc frappé d’un croissant et d’une étoile fut hissé par les militants et Messali Hadj, sur les épaules des Algériens, fiers de lui, de son courage, de son combat. Ce qui a fait dire au président Boudiaf, interrogé par une journaliste d’où provient l’exemple de la Révolution algérienne, que la Révolution algérienne est née le 2 août 1936 au stade municipal d’Alger autour de Messali Hadj.
C’est à Ksar Chellala, capitale du nationalisme algérien et de la Révolution, que Messali Hadj reconstitue le PPA et le dote d’un nouveau comité central avec des structures spéciales et de nouvelles fédérations .
C’est à Ksar Chellala que Messali Hadj rejette le discours du gouvernement français et réclame un parlement algérien élu au suffrage universel sans distinction, ni de race ni de religion, où trouveront place sur un pied d’égalité tous les Algériens fraternellement unis et travaillant pour une Algérie libre et démocratique.
Aujourd’hui, il faut des personnalités courageuses et sincères pour faire triompher la justice et écrire les vérités historiques de la Révolution algérienne, sans la détourner et la falsifier à des fins partisanes.
Écrire la véritable histoire de la Révolution de façon objective et mettre chacun et chacune à sa place respective en écrivant toutes les vérités de la Révolution avec tous ses triomphes et ses conséquences douloureuses.
Comment a été créé l’ENA, son programme, ses revendications, son combat et son véritable leader ?
Comment a été créée la glorieuse Étoile ?
Comment ont été créés le PPA, le MTLD, l’OS, le FLN, le MNA, l’USTA, l’UGTA et dans quelles circonstances ainsi que leurs revendications ?
Comment est arrivé le 1er Novembre 1954 ?
Il faut aussi écrire les vérités historiques sur les luttes fratricides entre le FLN et le MNA. Actuellement, plusieurs voix appellent à l’écriture de la véritable histoire afin que notre jeunesse, les générations à venir prennent conscience du combat mené par leurs aînés sous diverses formes pour libérer l’Algérie, les conséquences et les erreurs commises : toute révolution a ses erreurs.
œuvrons pour une réconciliation de l’histoire. Sans Messali Hadj, il n’y aurait pas eu de Révolution et le drapeau algérien ne flotterait pas sur Alger, il faut lui restituer la place qui lui revient dans l’histoire de l’Algérie.
Reconnaître les valeureux moudjahidine ALN-MNA tombés au champ d’honneur contre le colonialisme (certains sont encore vivants) .
Reconnaître les condamnés à mort MNA, guillotinés par le colonialisme, ainsi que tous les prisonniers du MNA.
Écrire l’histoire tant que certains acteurs de la Révolution sont vivants, il faut créer une commission officielle pour prendre contact avec tous les acteurs vivants et dire la vérité sur terre avant d’arriver chez Dieu.
Porte-drapeau de la souffrance du peuple algérien, Messali Hadj et ses fidèles compagnons de lutte n’ont jamais fléchi ni courbé l’échine face au colonialisme.
Vive la réconciliation et l’unité nationale !
Vive l’Algérie, vive la véritable démocratie !
A. A.
(*)ANCIEN COMPAGNON DE MESSALI HADJ, ANCIEN MOUDJAHID 

الذكرى الـ 66 لمظاهرات 18 أفريل 1945 بقصر الشلالة

18/04/2011

إرهـاصـات ثورة التحرير الشاملة

أحيت جمعية مشعل الشهيد أمس ولأول مرة الذكرى الـ 66 لمظاهرات18 أفريل 1945 بقصر الشلالة، والتي تعتبر بحسب الأساتذة الجامعيين المشاركين في الندوة التاريخية بمثابة الشرارة الأولى لانطلاق مجازر الثامن ماي .1945
وبخصوص هذه الذكرى التي لم تنل حظها من كتابات المؤرخين كشف الأستاذ الباحث عمار بلخوجة (صحفي سابق)،أنه في سنة 1944 بادر المناضل فرحات عباس بتأسيس تجمع وطني لجمع القوى الوطنية والاجتماعية ''تجمع أحباب البيان والحرية'' بعد الضغط الذي مارسته السلطات الفرنسية على الحركة الوطنية والسياسية. واتصل عقب ذلك برئيس حزب الشعب الجزائري مصالي الحاج الذي كان تحت الإقامة الجبرية بقصر الشلالة ليقنعه بضرورة أن ينشط أنصاره في إطار تجمع أحباب البيان والحرية، وهو التجمع الذي استطاع أن يستقطب في ظرف سنة 500 ألف جزائري.
وفي 4 أفريل 1945 انعقد أول مؤتمر لأحباب البيان والحرية، حيث سعى المناضل سعد دحلب، رفيق الزعيم مصالي الحاج، خلال مهرجان شعبي نظم يوم 7 أفريل إلى عرض قرارات المؤتمر. ليتوجه يوم 18 أفريل من نفس السنة لعرض وثيقة تضمنت مطالب الشعب الجزائري، إلا أن الإدارة الفرنسية رفضت استقباله كما أمرت باعتقاله وثلاثة مناضلين كانوا برفقته.. وإثر هذه الواقعة احتج سكان قصر الشلالة (تبعد عن تيارت بـ 100 كلم) لأول مرة، مما أسفر عن اطلاق سراح المعتقلين.
وبحسب الحقائق التي أوردها الأستاذ بلخوجة، فإن هذه الواقعة التي شهدتها المنطقة دفعت بالإدارة الفرنسية إلى إصدار أوامر تقضي بسلب أراضي الأشخاص الذين يشتبه في انتمائهم إلى الحركة الوطنية. إضافة إلى نفي مصالي الحاج إلى المنيعة ثم إلى الكونغو.
وقال المتحدث إن مظاهرات 18 أفريل ,1945 كانت سببا في تسارع الأحداث، حيث أدت إلى قيام مظاهرات 1 ماي 1945لإطلاق سراح مصالي الحاج الذي لعب دورا كبيرا في توحيد الشعب الجزائري، والتي أعقبتها مظاهرات الثامن ماي 1945 احتجاجا على رفض الإدارة الفرنسية رفع العلم الجزائري خلال احتفالها بانتصار الحلفاء في الحرب العالمية الثانية، لاسيما وأن الجزائريين شاركوا في الحرب ضد النازية.
وأضاف المصدر أن مظاهرات الـ 18 أفريل 1945 غير المعروفة كثيرا، هي الفرصة التي أثبت فيها الجزائريون وجودهم بقوة ودفاعهم عن كرامتهم، في حين كانت أحداث الثامن ماي التي أعقبتها درسا آخر من زعماء الحركة الوطنية مفاده أن الفرنسيين لا يفهمون إلا لغة الرصاص. ومنه كان الانطلاق للتحضير للكفاح المسلح.
ومن جانبه أشار الدكتور الباحث رابح بلعيد إلى أن أحداث قصر الشلالة كانت لها تداعيات خطيرة، من أبرزها نفي الزعيم مصالي الحاج وقيام مجازر الثامن ماي ,1945 والتي كانت سببا في انضمام المفرنسيين الى الحزب الثوري كرد فعل على السلطات الفرنسية التي أهانتهم.
وتطرق الأستاذ علي عقون إلى أهمية مظاهرات 18 أفريل 1945 في كشف النقاب عن كفاح مؤسس حزب الشعب الجزائري مصالي الحاج، وتاريخ قصر الشلالة الذي يعد قلعة من قلاع الثورة الجزائرية.
وأبرز المتحدث أن الدور الكبير الذي لعبه مصالي الحاج في توحيد الشعب الجزائري والتحضير للاستقلال يجعله خالدا في ذاكرة الجزائر التي لا يمكن أن تنسى صاحب مشروع ''الجزائر جزائرية''. لافتا الانتباه إلى ضرورة تدوين التاريخ بكل شفافية والإعتراف بكافة المجاهدين الذين ناضلوا من أجل الجزائر. وأوضح الأستاذ منتصر أن أحداث الثامن ماي 1945 لم تنل حقها من التحليل إلى حد الساعة، مضيفا أنها تدفع لطرح عدة تساؤلات: هل هي مؤامرة استعمارية؟..وهل كانت تعبر عن وجود مشروع ثورة؟ وبحسب المتحدث، فإن فكرة الثورة الجزائرية انطلقت من ملعب 20 أوت في سنة ,1936 حيث دعا مصالي الحاج إلى ضرورة الفصل بين الجزائر وفرنسا، مشيرا إلى أن أحداث الثامن ماي 1945 كانت اختبارا لقدرة الشعب على التعبئة.
   ن/أ